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September 1, 2010suite
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TITRE EUROPE
Après le chacun pour soi, la concertation

par Francine Quentin

Pour tenter d'enrayer la crise financière mondiale, les responsables politiques et financiers coordonnent, de manière de plus en plus étroite, leurs opérations de sauvetage. Dans l'avenir, une coordination internationale permanente pour réguler le système financier devrait même s'instaurer.

Soucieux de juguler la crise de leurs établissements financiers nationaux et agissant dans l’urgence, les Etats-Unis aussi bien que les pays européens ont tout d'abord réagi chacun pour soi. Mais l'inefficacité de faire cavalier seul quand la crise est mondiale est vite apparue.

Depuis, la concertation est devenue le maître mot et les politiques se téléphonent beaucoup, ces derniers jours, des deux côtés de l'Atlantique. Le président Bush a appelé la chancelière allemande Angela Merkel et le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Il a également eu des entretiens téléphoniques avec le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre italien Silvio Berlusconi. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont réaffirmé mercredi leur coordination la plus totale, ce qui n’était pas le cas il y a quelques jours encore.

Les grandes banques centrales ont donné le ton en abaissant ensemble leurs taux d'intérêt et, fait nouveau, la Chine s'est associée au mouvement, manifestant sa volonté de participer à l'action commune. L'idée de réguler dans l'avenir le système financier international gagne du terrain : le Fonds monétaire international est candidat à un élargissement de ses missions pour remplir ce rôle et il devrait en être question dès ce week-end à Washington où FMI et Banque mondiale tiennent leur assemblée générale.

Changement de rôle

Actuellement, le FMI a pour objet de prévenir les crises en encourageant les pays à adopter des politiques économiques « saines », généralement d’inspiration libérale selon l’optique de cette institution. Mais la crise en cours fait avancer l’idée que le FMI serait le lieu indiqué pour mettre aussi de l'ordre dans le système financier mondial. Pour cela, il faudra élargir ses compétences et lui donnant un rôle d'alerte. Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, est favorable à une telle réforme.

Une chose est sûre : le contrôle de la finance mondiale ne se fera plus sans la participation des grands pays émergents : c'est tout le sens de la réunion du G20 qui se tient samedi à Washington. Le G20 rassemble les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) plus l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie. Le 20e membre est l'Union européenne, représentée par le pays qui en assure la présidence tournante, c’est-à-dire, jusqu’à la fin de l’année, la France.

2008-10-09 13:39:24.547
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