Violences meurtrières à Coyah, Dubréka et Kamsar : Le ministre de l’Administration dénonce, mais ne pipe mot sur le nombre de morts…
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Des échauffourées enregistrées mardi dernier entre agents de sécurité et manifestants dans les préfectures de Coyah, Dubréka et dans certains quartiers de Kamsar, ont fait au moins six morts et plusieurs blessés ainsi que des dégâts matériels. Réagissant à ces manifestations meurtrières, le ministre de l’Administration du territoire a indiqué que « rien ne justifiait » cette violence. Cependant, le général Condé ne pipe mot sur le bilan des morts.

Dans une déclaration diffusée dans les medias d’Etat, le général Bouréma Condé n’est pas allé de main morte pour fustiger ces violences. D’entrée, le ministre rappelle que les manifestants protestaient d’une part contre le délestage du courant électrique dans certains quartiers de Kamsar et d’autre part contre les restrictions de déplacement entre Conakry et l’intérieur du pays. Des restrictions imposées selon lui, par la riposte au covid-19 à Coyah et à Dubréka.

« Faut-il préciser…que dans l’un ou dans l’autre cas, rien, absolument rien ne justifiait en ce mois saint de Ramadan et dans le contexte médico-social d’une rare gravité que nous vivons, rien ne justifiait disons-nous une telle montée de violences et d’intolérance », a-t-il indiqué.

Parlant de la desserte de l’électricité à Kamsar, le général Bouréma Condé souligne que depuis des années, la desserte en courant électrique par la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) est « une donnée acquise, nonobstant des délestages, lesquels sont inhérents à toute fourniture d’énergie thermique, phénomène aggravé, faut-il le préciser par la démographie galopante de Kamsar et les branchements anarchiques sur le réseau ».

Quant aux barrages installés à Dubreka et Coyah, le ministre de l’Administration du territoire, martèle que la prise de mesures restrictives de déplacement de Conakry pour l’intérieur du pays des citoyens n’a rien d’exceptionnel, comparé au reste du monde,  pour isoler Conakry  et éviter la dissémination du Covid-19 qui ne cesse d’endeuiller les familles dans la capitale guinéenne.

« Malgré l’intervention des forces de l’ordre, précédée des appels au calme, ces mouvements ont causé des dommages importants. Des cas de mort et de blessé, ont été enregistrés malheureusement, aussi bien dans le rang des manifestants que celui des forces de l’ordre. On a noté également, des dégâts matériels importants. Le domicile du maire de Kamsar incendié, le commissariat central de Coyah, les postes de police et de gendarmerie de Manéah vandalisés. Des véhicules d’intervention dont des ambulances, saccagés», liste le général Bouréma Condé dans sa déclaration, sans piper mot sur le nombre des cas de morts enregistrés dans ces différentes zones.

Cependant, le ministre de l’Administration appelle au calme, mais met en garde les fauteurs de trouble.

« Le gouvernement invite tous les manifestants à la retenue, présente ses condoléances aux familles éplorées et souhaite prompt rétablissement aux blessés. En tout état de cause, toutes les personnes qui seront tenues responsables de ces troubles, répondront de leurs actes, devant la loi », prévient le général Bouréma Condé.

Sadjo Diallo