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C’est une société genevoise de gestion de fortune, Agefor SA,
domiciliée à Genève et encore active, qui se serait chargée d'établir
Matinda Partners and Co. Ltd, une société immatriculée aux îles
Vierges britanniques. Et c'est par l'intermédiaire de cette dernière,
déjà connue, que Mamadie Touré a perçu de l'argent dans l'attribution
d'un permis minier - depuis retiré - en Guinée.



Par où est passé l’argent ? C’est à cette question que les « Panama
Papers » apportent un bout de réponse supplémentaire dans le scandale
de corruption à grande échelle qui implique Mamadie Touré, la 4e
épouse de feu Lansana Conté, qui vit aux États-Unis depuis le décès de
l’ancien général-président.

Mamadie Touré, ainsi qu’elle l’a reconnu, a joué de ses bons offices
au profit de BSGR – Beny Steinmetz Group Ressources. La société du
très controversé milliardaire franco-israélienBeny Steinmetzavait
obtenu pour 161 millions de dollars des permis sur les blocs 1 et 2 du
gisement de Simandou, une chaîne de montagne qui regorge de fer au sud
du pays, et ce quelques jours à peine avant la mort du dictateur en
décembre 2008.

Matinda Partners, Beneficence Foundation et Agefor SA

« En novembre 2006, Mamadie Touré reçoit procuration pour Matinda
Partners and Co. Ltd (déjà évoqué parJeune Afrique en 2013), une
société immatriculée aux îles Vierges britanniques. La même année,
elle se met en rapport avec une compagnie minière qui, comme les
autorités américaines le supposeront plus tard, lui demande, moyennant
5,3 millions de dollars, de l’aider à remporter une concession minière
»,écrit l’ICIJ, le consortium international de journalistes
d’investigationqui a commencé à publier, le 3 avril, l’identité des
clients de Mossack Fonseca, une firme panaméenne chargée de créer et
de domicilier des sociétés basées dans des paradis fiscaux.

Seuls éléments nouveaux dans la publication de l’ICIJ concernant
Mamadie Touré, c’est une société genevoise de gestion de fortune,
Agefor SA, domiciliée à Genève et encore active, qui se serait chargée
d’établir Matinda Partners and Co. Ltd. De plus, écrit l’ICIJ, «
Mamadie Touré a eu recours à un actionnaire prête-nom, Beneficence
Foundation, et à une société suisse pour la gestion de la fondation. »
Matinda, fondée le 17 novembre 2006, a été fermée le 30 avril 2010.

Mamadie Touré qui vit en Floride, a reconnu avoir perçu de l’argent
pour aider à la délivrance des permis de BSGR à Simandou. Ces permis
ont été retirés au groupe anglo-australien Rio Tinto, qui en était
détenteur depuis une dizaine d’années, puis octroyés en 2008 au groupe
israélien.

Ce dernier, dans un extraordinaire coup de poker, a lui-même revendu
51% des parts de cette concession au brésilien Vale pour 2,5 milliards
de dollars en 2010 — soit 15 fois le prix payé pour les permis sur les
blocs 1 et 2.

Enquêtes et arrestations

Dimanche 14 avril 2013, à l’aéroport de Jacksonville, en Floride,
Mamadie Touré avait contribué àl’arrestation de Frédéric Cilins, un
intermédiaire français de BSGR.Ce dernier a été condamné à deux ans de
prison ferme en juillet 2014 pour obstruction à la justice dans le
cadre d’une enquête. Il a été extradé en France au terme de sa
détention en février 2015, rapportait leFinancial Times.

Le 19 avril 2013,  Ibrahima Sory Touré, vice-président et directeur
des relations publiques de BSGR et frère de Mamadie Touré, et Issaga
Bangoura, responsable de la sécurité de la société, sont eux aussi
arrêtés en Guinée. Ils ont été libérés le 30 novembre 2013 après 7
mois d’emprisonnement.

Parallèlement à l’enquête américaine qui se poursuit, la Guinée a pris
les devants et retiré le permis accordé à BSGR et Vale, conformément
aux recommandations d’un comité d’audit mis en place par le
gouvernement.

La maison américaine de Mamadie Touré a été perquisitionnée par les
autorités américaines en novembre 2014, qui estiment qu’elle a été
acquise avec l’argent perçu par BSGR.

Source : JA