Tibou Kamara, ministre d’Etat : « Je préfère une presse sans gouvernement qu’un gouvernement sans presse »
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L’Audio-visuel guinéen est en galère. La descente aux enfers des radios privées continue. Depuis la libéralisation des ondes, acquise de haute lutte, c’est la première fois, et sous Alpha Condé, que des radios et télévisions sont fermées pour non paiement de redevances à l’Etat. L’audiovisuel guinéen n’aura auparavant souffert d’acharnement aussi assidu, de la part d’un régime présenté comme le plus "démocratique" du pays.

Dans l’agenda présidentiel, publiquement présenté il y a quelques jours, la fermeture en série des radios qui ont accordé des temps d’antenne au secrétaire général adjoint du SLECG, Aboubacar Soumah. Mais l’opposition à cette mesure anticonstitutionnelle était de taille. Même la HAC l’avait désapprouvée, parce que contraire aux Lois en vigueur.

Le président ne semble pas pourtant se rétracter. Sa puissante main est vue derrière cette action de l’ARPT, alertée et mise en branle par la Présidence qui entend prendre sa revanche sur ces radios privées endiablées, qui ont osé désavouer un chef de l’Etat en manque d’autorité et de repères.

En Guinée, faut-il le rappeler, les radios –et ce depuis toujours- ne s’acquittent guère de leurs devoirs. A commencer par la RTG, média d’Etat, qui n’a jamais payé les droits d’auteur revenant aux artistes. Pourtant, en longueur d’antenne, c’est de la musique qu’on sert aux auditeurs et téléspectateurs.

Ainsi, depuis son implantation, la "grande radio" s’est acquittée des droits d’auteur une seule fois, dans les années 90. En 40 ans d’existence. Ce qui est tout à fait anormal dans un pays où l’on feint d’aider, aimer et promouvoir les artistes et la culture !

Les radios privées n’ont fait que suivre la trace laissée par les médias d’Etat et, par ricochet, l’Etat guinéen qui, lui-même, est incapable de faire justice et faire son devoir vis-à-vis des citoyens.

Selon les analystes, mieux vaut ne pas creuser assez. La solution convenable est de faire table rase sur le passé, oublier et repartir sur une nouvelle base en procédant à la réouverture de ces médias qui ont le mérite de participer, de manière efficiente, à la consolidation de la paix et de la démocratie dans notre pays. C’est beaucoup plus important que la broutille de 6 milliard de francs réclamée par l’autorité de régulation des postes et télécoms.

En tous les cas, l’espoir est permis. Car le puissant ministre d’Etat, Conseiller personnel du président, Tibou Kamara en l’occurrence, est entrain de mettre les bouchées doubles pour trouver la solution. Pour lui, la liberté d’expression est un acquis que chacun doit préserver ! Déclaration :

« C’est une situation regrettable qu’on procède à la fermeture des radios quelque soit la raison. Je préfère une presse sans gouvernement qu’un gouvernement sans presse. Je pense que chacun de nous devrait méditer à propos de cela pour savoir quelle est la place de la presse et le rôle du journaliste dans un processus démocratique. Parce que le chef de l’Etat a dit lui-même que la presse est un partenaire de l’Etat. Elle ne peut être un adversaire et les journalistes ne peuvent être perçus comme étant des ennemis…

Je pense qu’il est urgent d’y mettre fin pour non seulement permettre aux journalistes de continuer à travailler dans la sérénité et d’être au service de la démocratie  et la liberté. Mais permettre également à l’Etat de garder sa réputation et de son image parce que le conflit avec la presse est toujours mal quelque soit la raison est toujours mal perçu…

La situation de la presse interpelle chacun d’entre nous. C’est une liberté essentielle et un acquis de notre démocratie que chacun est appelé à défendre. Il faut que la presse continue à exister dans notre pays…

Je peux vous assurer que malgré les incompréhensions du moment, la relation avec la presse en ce qui concerne le Chef de l’Etat n’a jamais été ébranlée dans ses fondements et dans les valeurs qu’il a eu à partager avec cette presse, à une certaine époque de sa vie jusque maintenant d’ailleurs. Donc, nous passons un message de paix, de responsabilité, d’ouverture et de dialogue. Le meilleur reste à venir dans les relations entre la presse et le Chef de l’Etat… ».

Ibrahima Baldé, pour ramatoulaye.com

Tel : 626 30 60 90