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Sandro Rosell
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Le 1er novembre 2017, Amadou Damaro Camara, le président du groupe parlementaire du RPG-arc-en-ciel était l’invité de la radio Lynx Fm. Dans cet entretien accordé à nos confrères règle ses comptes avec des membres du Cmrn, qu’il accuse d’avoir exécuté 22 anciens proches de Sékou Touré, après l’échec du coup d’Etat du 4 juillet 1985. Le président du groupe parlementaire RPG-arc-en-ciel, dit aussi militer pour une révision de la loi relative au budget du chef de file de l’opposition. Amadou Damaro Camara, qui aime jouer les donneurs de leçon,  n’a pas manqué de banaliser les incidents survenus au PM3, où des journalistes ont été violentés par des gendarmes le 31 octobre dernier.  

 

Au RPG-arc-en-ciel, comment vous avez appris cette rumeur annonçant le décès du président ?

Il faut accepter quand même que la presse qui constitue le 4e pouvoir est une dictature. Vous êtes des dictateurs. La presse est une dictature. Vous intimidez tout le monde. Le gouvernement, les hommes politiques préfèrent vous avoir avec eux que de vous avoir contre eux. Ceci dit, je crois qu’il faut séparer les choses dans leur contexte. Il y a eu une rumeur quelle que soit l’interprétation. On a dit que ça vient de Gangan Fm. Comme on a cru que le président est mort. La nouvelle étant considérée comme une fausse nouvelle, si tel est le cas, naturellement, dans une République organisée, une enquête s’impose parce que ça serait une atteinte même à la sureté de l’Etat. Ça pouvait nous amener là où on ne pensait pas.

Dans la situation politique actuelle de la Guinée, le président est mort ça peut nous amener à des situations que tout le monde pourrait regretter. Ces enquêtes devraient avoir lieu, est-ce qu’il fallait arrêter des gens ? Est-ce qu’il ne fallait pas ? En tout cas ,il fallait interroger des gens. On ne les interroge pas à la radio. On doit les interroger là où on doit le faire et si pour des fins d’enquête,  on doit les retenir pour 48 heures.  ça fait le délai légal de garde à vue. Maintenant que la presse soit solidaire de leur collègue, c’est tout à fait normal mais avant ce délai qu’on conclut déjà une détention illégale, on vient en solidarité pour créer ce qui a été créé du côté de la presse aussi, ce n’est pas normal et la réaction disproportionnelle de la gendarmerie contre les journalistes n’est pas aussi normale. Je crois que c’est comme ça que j’analyse. Moi, j’étais en train de faire mes ablutions à 5 heures 10 minutes quand quelqu’un m’a appelé pour me dire es- ce que j’écoute la radio Gangan ? il m’a dit qu’il y a quelque chose à la présidence. Deux minutes après, c’est un autre qui m’appelle pour me dire qu’on vient d’annoncer la mort du président. J'ai pris l’autre téléphone. J’ai appelé le président. Il a répondu et je lui ai demandé donc vous vivez ? Il m’a demandé pourquoi j’écoute des bêtises comme ça ? J'étais satisfait. Mon téléphone n’a pas cessé de crépiter. Il y en a même qui m’ont laissé des messages de condoléances. Ça veut dire que quelle que soit l’interprétation qu’on a faite, cela a eu un effet de frayeur dans la cité qui méritait une certaine enquête. Je ne crois pas que la HAC devrait s’ingérer dans le processus d’enquête ou de juger. Ce n’est pas son rôle. Son rôle,  c'est ce qu’elle a fait, elle a appelé le Directeur. Il l’on écouté comme j’étais surpris normalement les mêmes éléments devraient permettre au procureur de conclure à un non-lieu et de libérer les détenus.

Mais le procureur aussi poursuit pour diffusion de fausses nouvelles, alors que les faits ne sont pas là?

C’était ça la perception. C’était ça dans la République, que le monde entier reconnaît que Gangan aurait diffusé des fausses informations

Et vous avez écouté le son ?

Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai dit  quelle que soit l’interprétation, c’est que quelque chose venu de Gangan conclut dans l’opinion que le président est mort, c’est ça la réalité.

Mais ce n’est pas la faute à Gangan si les gens interprètent de leur manière…

Il a dit quelque chose, qu’ils ont pris cet élément parce que depuis plus d’un an le journaliste n’est pas là. Mais je crois qu’il pouvait trouver un autre élément avant cet autre élément qui ne parle que de mort de tous les Chefs d’Etat, pour éviter des choses comme ça. Je crois qu’on aurait dû être professionnels dans tous les sens de votre côté, vous les journalistes. Je crois que vous êtes trop paniqués. Vous êtes vite allés en besogne pour conclure à l’arrestation illégale de votre confrère.

Mais il était arrêté, alors qu’il y a une dépénalisation des délits de presse en Guinée…

J’étais membre du CNT (Conseil national de la Transition, ndlr). Votre patron Souleymane qui était président de la commission communication, a voulu nous faire faire une loi que même si un journaliste demandait une guerre civile, on ne devrait pas l’attaquer. Ça a été corrigé. Le délit a une limite, mais un journaliste est un citoyen comme n’importe quel autre citoyen, soumis à la loi. Il ne peut pas se permettre n’importe quoi, ça aussi, c’est une réalité. La dépénalisation du délit, les délits-là sont délimités à votre opinion, mais vous ne pouvez pas intoxiquer.

On va parler politique. Il y a cette sortie de Malick Sankhon qui avait parlé de ces milices qu’il aurait recrutées et puis le ministre de la Défense a recadré un peu les choses. Lesdits propos n’auraient pas du tout été appréciés par certains cadres du RPG arc-en-ciel, alors comment expliquez-vous cela?

Chacun est libre d’avoir son opinion mais moi en tant qu'Amadou Damaro Camara, je condamne la mauvaise rhétorique. J’ai toujours dit et je le répète que la rhétorique peut-être aussi dangereuse que des armes de destruction massive. Et je regrette tous les propos de la part des leaders politiques, des leaders d’opinions qui puissent  amener à aller à l’encontre de notre démocratie.  Quand on dit ‘’êtes-vous prêts à mourir’’, c’est condamnable, quand on dit, il faut cibler les familles de certaines personnes pour les attaquer parce qu’elles tiennent des propos, c’est condamnable, qu’on veut organiser une milice en soi pour défendre ça, c’est nier l’existence de l’Etat. C’est condamnable et je suis d’accord avec le ministre de la Défense, le Dr Mohamed Diané qui a dit que le RPG en tant que parti n’a pas besoin de milice, et je condamne beaucoup plus cette bêtise politique de l’UFDG qui a finalement officialisé la section cailloux avec des T-shirts. C’était malheureux. C’est la preuve encore que mon ami a beaucoup à apprendre en politique.

Mais ils n’avaient pas de cailloux !

Si, ils en ont. Nous avons des enregistrements ou les enfants disent « section cailloux, section cailloux », et que le parti même l’officialise avec des T-shirts, on n’a pas vu la milice de Malick Sankon, mais on vu finalement la milice de l’UFDG la ‘’Section cailloux’’.

Qu’est-ce qui s’est passé avec ces malaises en Haute Guinée qui se sont soldés par des violences. Violences dans lesquelles, semble-t-il, que vous avez été pris par des insurgés qui se sont attaqués à vous. Qu’est-ce qui justifie ce malaise dans cette région?

Le malaise en Haute Guinée, contrairement à ce qu’on croit, qu’on ne fait rien ailleurs sauf en Haute Guinée, c’est la preuve qu’en Haute Guinée aussi, il y a des problèmes, que la Haute Guinée aussi souffre du sous-développement. Kérouané est situé sur l’axe de la nationale numéro 1.  Depuis l’indépendance, on a fait le goudron jusqu’à Mamou. De Mamou, on est monté à Labé. De Mamou, on est parti à Faranah, de Faranah, on est parti  à Kissidougou, Gueckédou, N’Zérékoré, on est venu jusqu’à Kankan. De Kankan, on est parti à Siguiri, ensuite Kankan-Mandiana. On n'est jamais parti vers Kérouané - Beyla. Alors finalement, non seulement, on n'a pas de goudron mais la route n’est même pas reprofilée. C’est ce que la population a réclamé pour qu’enfin, il y ait au moins une mobilité sur cette route pour pouvoir évacuer leurs produits.

On parle de ce parlement, où en êtes-vous dans cette proposition d’amendement de la loi relative à l’opposition notamment le chef de file?

Je crois que c’est pour mieux éclaircir cette structure dans le paysage politique guinéen. Premièrement, à mon sens, je crois qu’il est inacceptable que dans tout le paysage politique guinéen ni la majorité ni l’opposition, aucune autre structure ne soit financée par le contribuable guinéen, sauf le chef de file de l’opposition.

Mais il y a le financement des partis politiques qui avait été voté par l’ancienne législature ?

Non seulement, c’est ce que nous allons réactualiser. Nous l’avons introduit, mais nous allons aussi préciser ce budget du chef de file de l’opposition parce que la loi est muette sur l’utilisation de ce montant. La Cour des comptes ne peut même pas demander des comptes au chef de file de l’opposition, parce qu’il n’y a pas de canevas d’utilisation de ce budget. Donc à cause de quoi, on ne peut pas lui demander est-ce que vous l’avez bien utilisé? Nous allons préciser tout ça.

Que dit la loi justement par rapport à ça ?

Cette loi a été votée dans des conditions un peu spécifiques, et de toute façon quand une loi dans son application se heurte à des incompréhensions pour les législateurs que nous sommes, nous apportons des amendements.

Et quels sont les amendements que vous avez apportés ?

Je l’ai signalé à la réunion du bureau de l’assemblée. Nos juristes surtout la commission des lois est en train de mettre en forme et dans ses exposés de motifs, ils sont en train de motiver, et ça sera l’objet d’un débat.

Votre sortie concernant ce projet ou cette proposition d’amendement, elle est intervenue lorsque Cellou Dalein a publié la liste des membres de son cabinet. Et d’aucuns pensent que parce que certains partis auxquels vous êtes amis ne se sont pas retrouvés dans ce cabinet. Maintenant, vous avez voulu faire faire cet amendement?

C’est une mauvaise compréhension par le chef de file même. Il croit que quand on parle de cabinet de chef de file,  que c’est un gouvernement (bis). Non, il s’agit de son chef de cabinet, des secrétaires etc. Pour son travail à lui, ce n’est pas un conseil de l’opposition qu’on appellerait cabinet de chef de file de l’opposition. C’est aussi une incompréhension de la loi. C’est une mauvaise interprétation de la loi. Nous avons des chefs de file au Burkina, au Mali, au Sénégal. Ça  n’a rien à voir avec le genre que M. Cellou Dalein a constitué ici.

Vous voulez dire que dans les autres pays, ce cabinet n’est pas constitué d’opposants ?

Non ce n’est pas à un président de la République de former un gouvernement. Son budget est pour son cabinet, pas un conseil de l’opposition. C’est ce qu’il a constitué. C’est un conseil de l’opposition qu’il appelle cabinet du chef de file de l’opposition. Un autre leader qui va être concurrent à toi aux élections ne peut pas être membre de ton cabinet. Le cabinet sert à l’aider à formuler les analyses quand il rencontre le chef de l’Etat sur la situation de l’Etat.

Est-ce que vous n’êtes pas fâché parce que la mouvance n’a pas le même budget ?

Est-ce que ce n’est pas une raison qu’on finance avec l’argent du contribuable cinq (5) milliards par an, le chef de l’opposition et que le parti au pouvoir majoritaire à l’Assemblée n’ait pas un franc. Nous allons avoir un financement équitable peut-être en fonction du nombre de députés des partis à l’Assemblée. Nous allons accorder un financement à tout le monde et le chef de file pourrait avoir pour son cabinet un bonus.

Le mieux aurait été comme vous l’avez dit aux proratas des députés à l’Assemblée, aux proratas des conseillers au niveau des communes, des districts et des quartiers etc. Les partis qui auront des élus, ça serait bien de le faire comme ça parce qu'ailleurs, ça se passe comme ça.

On ne peut pas financer les communes. Peut-être que sur les ressources des communes, ils peuvent s’organiser là-bas mais au niveau de l’Assemblée oui. Ça va être un bon filtre déjà.

Alors il y a eu cette idée de création d’une grande alliance électorale. Il y a eu des partis comme l’UFR, le PEDN, le PADES, le PUP et ça fait un peu peur au RPG-arc-en-ciel

Vous savez que le PADES n’existe pas. Il n’a pas d’agrément.

Alors ça vous arrange que le PADES n’ait pas d’agrément ?

Ça ne nous dérange pas du tout. Il existe par vous comme d’autres partis d’ailleurs.

Mais il a des structures à l’intérieur du pays, notamment en Haute Guinée supposée être votre fief ?

Vous savez les partis politiques, si vous prenez tous ceux qui ont des éléments même la population de la Guinée multipliée par 10  n’aurait pas suffi au nombre de militants annoncés. Donc je sais ça et ça ne m’inquiète pas du tout. Cette  grande alliance, j’ai eu à interroger certains membres de ces partis qui ne savent pas de quoi il s’agit. On leur a dit qu’il y aurait une réunion au siège du PUP. Ils y sont revenus, ils n’ont même pas rendu compte encore qu’on annonce une alliance. Je prends l’UFR, son président ne sait pas qu’il y a une alliance, son secrétaire exécutif la même chose, la NGR, son président ne le sait pas non plus, son député, le vice-président à l’Assemblé ne le sait pas. Donc, je ne sais pas d’où vient le mot.

Récemment vous avez fait parler de vous. Il y a eu ce décès du général Ousmane Sow à Dalaba. Vous avez réveillé les vieux souvenirs.  De ces vieux souvenirs de dignitaires qui auraient été tués après le coup d’Etat du 4 juillet 1985.  Qu’est-ce qui s’est réellement passé dans la nuit du 7 au 8 juillet 1985?

    Depuis 1988, cela fait 29 ans. En 1990, il y a eu des rumeurs qui ont couru comme quoi, Damaro aurait joué un mauvais rôle le 4 juillet 1985. Au nom de la cohésion nationale, je me suis tu pendant 27 ans au détriment de mon nom, de l’honneur de ma famille. On en a fait maintenant une arme politique contre moi. J’ai entendu une fois lorsque je l’ai attaqué, Kouyaté dire « tu dois t’expliquer sur le rôle que tu as joué le 4 juillet contre les malinkés », et Makanera la dernière fois dire que « j’ai livré ceci ou cela ». Ma conviction est que la Guinée a un passé fait de gloires et de douleurs. Son côté gloire,  les Guinéens de toutes origines ethniques ont participé à faire la gloire du passé guinéen. Il faut que l’on accepte aussi ce côté douloureux du passé guinéen. Des Guinéens de toutes ethnies ont participé aussi, au coup d'Etat du 4 juillet 1985. Le général Lanssana Conté n’était pas à Conakry, le 5 aussi. Il est rentré le 6 soir, dans la matinée du 6. Je dois souligner que le capitaine Mamadou Balde, ministre de la Réforme était à la tête des loyalistes, qui a maté la tentative du coup d’Etat. Il était le véritable patron du pays. Il est même allé demander conseil au sage, Elhadj Abdourahmane Bah de Labé, s’il pouvait garder le pouvoir. Ce dernier le lui a déconseillé. Ousmane « Sans lois », qui est vivant serait même témoin de cet entretien.

Alors il a écrit au commandant de zone de Kindia qui était Ibrahima Sory Diallo, chef de bataillon, de liquider les anciens militaires détenus à Kindia, et le 7 au matin pendant que le président Lanssana Conte est rentré le soir, faisait son discours à l’esplanade du palais du peuple, le commandant Sow était à Kindia et il a préparé l’exécution des 22 membres.

J’ai les documents. J’ai les références de certaines lettres envoyées et quand l’exécution s’est terminée, selon le compte rendu d’Ibrahima Sory de 2 heures 32 du matin à 5 heures 10 du matin, ils ont tués 22 dont 21 à Kindia et 1 entre Kindia et Conakry, qui était le ministre Toumani Sangaré, qu'Alhousseini Fofana avait mis dans le lot. Mais vu que la route était très mauvaise, on ne pouvait pas atteindre les autres à temps. Ils sont rentrés dans la brousse entre Conakry et Kindia. Ils l’ont exécuté et enterré. Dans le télégramme du compte rendu, Ibrahima Sory dit à Mamadou Baldé, le compte rendu détaillé vous sera fait par le secrétaire d’Etat à la défense commandant Sow. Tout s’est très bien passé. Il a signé, et le document a été publié dans le numéro 175 d’Africa international de septembre 1985.

Mais pourquoi vous n’avez pas lancé ce débat de son  vivant? Pourquoi avoir attendu qu’il décède?

J’ai commencé ça depuis 2009. Ça  même fait l’objet d’une émission qui s’appelait ‘’ Guinée mémoire ‘’ avec feu Sékou Mady Traoré sur la radio Soleil. Pendant des années ça a passé. Ceci dit, j’accuse trois personnes, deux (2) autres sont vivants Mamadou Baldé et Ibrahima Sory Diallo qu’ils viennent démentir ou qu’ils donnent leur vérité sur ces exécutions.

D’autres pensent que vous êtes frustré de l’échec de ce coup d’Etat, dont vous étiez un des instigateurs. Voilà pourquoi toutes ces révélations.

Oui, mais je l’ai reconnu. Je crois que je  suis, à part Jean Faragué en 1965, l’un des Guinéens qui a reconnu avoir participé à un coup d’Etat et qui en donne les détails. C’est pourquoi, j’écris un livre. Il faut prendre du temps, avoir du recul pour pouvoir parler des choses historiques comme ça. J’ai voulu me taire sur énormément de choses que je connais. Mais ce que je ne peux pas accepter, j’accepte de me sacrifier pour la Guinée, mais je n’accepte pas d’être le sacrifice de la Guinée.

Vous parlez de votre livre ‘’le savoir sale’’ qui paraîtra d’ici la fin de l’année. Il est axé sur cette période trouble de l’histoire de la Guinée. Mais certains disent que vous risquez de prendre l’avion juste avant sa sortie parce qu’il y a des révélations

Je peux vous assurer que même si je mourais aujourd’hui, il y a des choses qui seront sues. Il y aura beaucoup de révélations là-dessus, insoupçonnées jusque maintenant, qui vont prouver ce qui s’est réellement passé et des soupçons sur les têtes d’autres personnes comme moi-même dans la bonne compréhension, vont s’envoler.

On a vu dans les medias, les réseaux sociaux. Vous avez déclaré, si Alpha Condé se déclare 5 fois candidat, vous allez accepter d’être son directeur de campagne. Je ne sais pas si c’est le journaliste qui a reformulé ça ou pas ?

Il a très bien reformulé. J’ai dit que la constitution actuelle ne peut pas être modifiée mais il y a une disposition dans cet article qui dit que le Président de la République peut proposer une nouvelle constitution au peuple de Guinée, qui doit être votée à l’Assemblée nationale, puis soumise au référendum. Si jamais, il avait à proposer une nouvelle constitution, et que le peuple de Guinée par référendum approuve cette nouvelle constitution, qui lui donnerait la possibilité de se présenter pour un troisième ou un cinquième mandat, je serais très heureux d’être son directeur de campagne.

Nous avons eu Mme Doussou Condé qui nous a dit que ces documents sont faits et  trouveraient au palais Sékhoutoureya…

Vous donnez beaucoup trop d’importance à Doussou Condé. C’est une amie. C’est elle qui était l’intermède entre Alpha Condé et moi en 1991. Elle se fait beaucoup plus importante qu’elle ne l’est, en réalité. Savoir tout, c’est bon, mais dire tout, ce n’est pas bon.
Une synthèse de Aissatou Bah (in Le Démocrate)
Baidy Aribot: Le tartufe d’une UFR qui se cherche

La nomination du secrétaire exécutif de l’Union des forces républicaines (Ufr),  Baidy Aribot, au poste de deuxième vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, la veille de la célébration du 17ème  anniversaire de l’avènement de Sidya Touré à la tête de cette formation politique, considérée comme la troisième force politique du pays, ne serait pas le fruit du hasard. C’est du moins l’avis de maints observateurs qui voient dans ce geste du président de la République  une arrière-pensée politique.

La récente nomination de Baidy Aribot, secrétaire exécutif de l’Union des forces républicaines (Ufr) au poste de 2ème vice-gouverneur de la Bcrg, continue d’alimenter la chronique dans la cité.

Ce qui intrigue l’opinion, c’est surtout la coïncidence de la prise de ce décret avec la célébration des festivités du 17ème anniversaire de l’avènement de Sidya Touré, en tant que président de l’Ufr.

Interrogé sur sa nomination par nos confrères du site africaguinee.com, Baidy Aribot feint la surprise totale.

Ce fut la même réaction du côté du parti, où on s’est dit aussi étonné, étant donné que le président Sidya Touré n’aurait pas été consulté pour cette nomination de Baidy Aribot, qui est synonyme d’un débauchage.

L’homme promet certes  de rester à jamais fidèle à  ‘’l’UFR’’.  Tout en remerciant, son bienfaiteur,   le président Alpha Condé pour ‘’le choix porté sur sa personne, pour accéder au rang de vice-gouverneur de la Bcrg’’.

L’Union des forces républicaines a promis toutefois de réagir à cette nomination. Mais au moment où nous mettions sous presse, rien n’avait encore filtré du conclave qui devait statuer sur le sort de son secrétaire exécutif.

Selon des indiscrétions, Baidy Aribot aurait bien démarché pour se faire porter à la tête de cette institution bancaire, dont il vise le poste de gouverneur depuis des lustres.

Il faut rappeler que M. Aribot est un homme du sérail, pour avoir travaillé au sein de la Bcrg, durant des années, sous la deuxième république.

D’ailleurs, dans une de ses dernières révélations, le général Sékouba Konaté, ami d’enfance de Baidy, dit avoir été dissuadé par Tibou Kamara, ancien ministre secrétaire général de la présidence de la République, de porter Baidy Aribot à la tête de la Bcrg, alors que celui-ci le pressait de vives sollicitations. C’était sous la transition en 2010.

C’est dire que le secrétaire exécutif de l’Ufr caressait bien le rêve de devenir gouverneur, pour enrichir un cv, certes étoffé.

Car Baidy a été ministre de la république, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), directeur général du fonds minier.

Et voilà que ses fréquentations du palais sekhoutouréa ont fini par payer. Certes, le député uninominal de Kaloum portait certes la casquette d’opposant, mais il s’est toujours gardé de s’aliéner le président Alpha Condé. Aux côtés duquel il adore d’ailleurs s’afficher,  tant dans des promenades dans Kaloum, que lors de voyages à l’étranger.

Les militants de l’Ufr ont  le blues

Sur l’échiquier politique, l’Union des forces républicaines (ufr) a perdu de sa superbe. Les accointances des dirigeants du parti avec le pouvoir auront mis le moral des militants en berne. Avec les élections locales qui pointent à l’horizon, le parti a des soucis à se faire, face aux velléités du Rpg arc-en-ciel qui est en train d’étendre ses tentacules dans ses fiefs, notamment à Kaloum, Matam, Boké et Boffa.

Du coup, Sidya Touré tente de reprendre la main. Mais, la tâche s’avère ardue voire titanesque.

La commémoration des festivités du 17ème anniversaire de son investiture à la tête de cette formation politique créée par Bakary Goyo Zoumanigui, dans les années 90, s’inscrivait dans le cadre de cette offensive de charme en direction des militants.

Il faut noter que dans le discours prononcé à l’occasion de cette commémoration, M. Sidya  a reconnu les limites de la gouvernance actuelle, marquée par une crise de confiance entre les politiques et les populations.

« Aujourd’hui nul ne peut nier que le pays doute de lui-même et surtout doute de son intelligentsia et de ses leaders politiques. Cette crise de confiance entre le peuple et ceux qui sont censés lui créer les meilleures conditions de vie notamment celle des franges les plus vulnérables, est de nature à affaiblir, voire entraver les initiatives de développement. Le doute s’est installé, car il arrive que les populations aient été amenées à croire que des élections qu’elles ont souhaitées démocratiques et transparentes résoudraient tous leurs problèmes. Malheureusement, les dividendes de la   démocratie se font souvent attendre. »

Il a saisi l’occasion pour lancer un appel aux acteurs politiques et acteurs de la société civile, pour la mise en place  d’un cadre de gouvernance novateur et fonctionnel.

« Notre devoir de citoyens, au-delà de notre qualité d’acteurs proactifs de la vie politique, nous interpelle. Je voudrais adresser un message, un cri de cœur aux acteurs politiques, aux acteurs de la société civile. Tout en restant fidèles les uns à nos convictions politiques et les autres aux idéaux de la société civile, travaillons en synergie pour sortir notre pays de l’ornière de la pauvreté. Nous le pouvons si nous en avons la volonté, la détermination. Conjuguons nos efforts pour conjurer le sort qui semble s’acharner contre nous. »

Un appel qui va certainement  tomber dans des oreilles de sourds, du côté de l’opposition républicaine, qui n’est plus en odeur de sainteté avec l’Ufr.

L’Or considère en effet que le parti de Sidya Touré a viré dans le camp de la majorité présidentielle. Lui-même étant un missi dominici du palais, en tant que haut représentant du chef de l’Etat. Sans oublier la présence de Mohamed Tall, au sein du gouvernement, en tant que ministre de l’Élevage.

Enfin cerise sur le gâteau, cette nomination de Baidy Aribot au poste de 2ème vice-gouverneur de la Bcrg.

Dire que cette nomination de Baidy obéit à un calcul politique relève d’un truisme. Quand on sait que les faits et gestes du président Condé sont toujours teintés d’arrière-pensées politiques.

Ainsi, en débauchant Baidy, l’un des maillons forts de l’Ufr, Alpha semble porter le coup de grâce à cette formation politique, en prélude aux élections locales en vue.

Même si un sympathisant du parti, nous a soufflé sous le sceau de l’anonymat que: « l’Ufr est un grand parti, qui est touché mais pas coulé. »
Mamady Kéita (in Le Démocrate)