La destruction des Palestiniens « un objectif de guerre » revendiqué par Israël, dont l’armée continue de massacrer les civils à Gaza. Les troupes d’occupation mènent actuellement une double offensive terrestre et aérienne, qui vise principalement le nord et le sud de l’enclave, entraînant un déplacement massif de la population. Le gouvernement israélien souhaite ainsi s’emparer de toute la bande de Gaza, et la vider le plus rapidement de tous ses habitants.
« Je m’appelle SadeqRadwan. Je suis originaire de Rafah. J’ai été déplacé à 12 reprises », se présente ainsi ce père de famille, condamné, comme presque tous les Gazaouis, à une errance sans fin dans le territoire en guerre.
« À chaque fois que je m’installe quelque part, j’essaye de reprendre ma vie en main. Depuis 70 jours, il n’y avait plus rien à manger, alors j’ai fait pousser des poivrons, de la menthe… Et puis tout à coup, le quartier a été désigné comme zone à évacuer. J’ai eu peur pour mes enfants. On est partis », témoigne-t-il.
Contraindre les Gazaouis « au départ »
Bombardements, déplacements à répétition : l’objectif assumé d’Israël est de contraindre les Gazaouis « au départ ». Mais pour aller où, interroge Rana al-Hassant, déplacée du sud de la bande de Gaza et mère de deux enfants.
« Aucun pays ne peut accepter d’accueillir toute une population. Comment pourrait-on reconstruire notre vie ailleurs, dans des sociétés qui ne sont pas les nôtres ? Qui n’ont pas les mêmes traditions que nous. Notre terre est là. Et la seule solution est de nous permettre d’y vivre avec dignité », assure la jeune femme.
Car cette guerre vous vole votre dignité. Elle arrache la vie de vos enfants, et vous prive de tout, s'indigne cette grand-mère, Mayssara al-Hindi. « Nous sommes des êtres humains humiliés, à qui on a tout enlevé. On est affamés, assoiffés, déplacés, épuisés… C’est trop », se désespère-t-elle.
Les deux derniers hôpitaux en fonctionnement dans le nord de Gaza pris pour cible par Israël
Les deux centres touchés sont l'hôpital indonésien et l'hôpital al-Awda. Ce dernier a été bombardé mercredi et est régulièrement visé par des drones israéliens, qui s'attaquent aussi aux ambulances, isolant l'hôpital et rendant les allées et venues des soignants très compliquées. À un kilomètre de là, mardi, ce sont les générateurs électriques de l'hôpital indonésien qui ont été ciblés, provoquant un incendie et rendant les soins quasi impossibles. Selon l'OMS, un membre du personnel à été tué. L'armée israélienne a indiqué qu'elle ciblait des infrastructures présumées du Hamas, sans en apporter la preuve.
Mais pour le personnel des hôpitaux, ces dernières attaques seraient surtout un moyen de forcer la population du nord à se déplacer vers le sud pour mettre en œuvre le plan israélien d'occupation de Gaza. Car faute de centres de santé, les habitants vont vers les zones où il reste encore des structures de soins.
À Gaza, seuls 20 des 36 hôpitaux fonctionnent encore partiellement pour une population de plus de deux millions de personnes et dans un contexte de bombardements quasi incessants depuis 19 mois.
Rfi
